Cinq viaducs à la loupe
Le viaduc de la Saône
Le franchissement de la vallée de la Saône au nord d’Auxonne est assuré par un un viaduc de 380 mètres sur la Saône et trois estacades totalisant 960 mètres conçues pour faciliter l’écoulement des eaux dans cette zone fortement inondable.
Autre particularité du site, le viaduc surplombe le champ captant qui alimente l’agglomération dijonnaise en eau potable. Un certain nombre de précautions ont donc été prises sur ce chantier. La partie située dans le périmètre de protection immédiat du champ captant est constituée d’une plate-forme étanche équipée d’une membrane en géotextile/PVC de 4000 m2 et de différentes couches de matériaux. « Ainsi, les eaux de pluie ayant pu être en contact avec des matières polluantes (gravats, huile de moteur) sont drainées par des fossés latéraux vers un bassin équipé d’un décanteur déshuileur », explique Romain Thomassier, ingénieur Travaux chez GTM Génie Civil et Services. « De même, les pieux de béton enfoncés dans le sol pour les fondations sont gainés de membranes étanches pour éviter tout contact avec la nappe phréatique. »
Le viaduc de la Buthiers dans une zone naturelle sensible
Ce viaduc franchit une vallée marécageuse traversée par le ruisseau de la Buthiers. « Dans cette zone humide sensible, il n’était pas concevable de construire un remblai », explique Christophe Sandré, responsable des Ouvrages d’art chez Eiffage TP. Un viaduc bas est donc mis en place, comportant deux culées* creuses afin de mieux répartir les masses et d’adapter la pente de la piste à la morphologie du sol.
Pour protéger la faune et la flore, le chantier a également bénéficié de nombreux aménagements :
• des filets à batraciens, empêchant grenouilles et crapauds de pénétrer sur les zones de travaux ;
• des fosses spécifiques pour les vidanges de béton des engins ;
• le traitement des déchets et des dispositifs d’assainissement des eaux ;
• des enceintes de piles en batardeau, pour isoler le béton du sol marécageux.
À la fin du chantier, la zone humide sera entièrement reconstituée dans son état d’origine.
Les triplés : Quenoche, Linotte et Corcelles
Ces viaducs « triplés » sont conçus selon le même modèle et construits avec le même outil de coffrage*. Chaque pile est construite en plusieurs morceaux, appelés « levées ». Hautes de 4 mètres, ces levées présentent une géométrie différente en terme d’inclinaison, nécessitant donc un coffrage différent pour chacune d’elles. Pour optimiser le coût et les délais de réalisation, les ingénieurs ont conçu un même outil de coffrage qui s’adapte à la géométrie de chaque levée des piles. « On a mis au point un derrick métallique monté sur toute la hauteur de la pile. À chaque niveau de ce derrick, des plates-formes permettent de régler la géométrie du coffrage avant le coulage du béton », explique Nicolas Bergeal, ingénieur Travaux chez GTM.
- Linotte, l’aîné
C’est le viaduc le plus avancé de toute la ligne, puisque l’ensemble du tablier a été posé et que la dalle béton est en cours d’achèvement. De son avancement dépendait la poursuite des chantiers attenants : « Il fallait construire ce viaduc en premier pour y faire transiter les camions chargés des matériaux extraits des 600 mètres de déblais situés avant le passage sur le viaduc de la Quenoche », précise Nicolas Bergeal. Le viaduc portera des écrans acoustiques qui seront prolongés sur les remblais afin de protéger les riverains.
- Quenoche, au milieu des daims
Cet ouvrage de 420 mètres de long, dont la charpente métallique sera terminée en novembre, franchit la vallée de la Quenoche sur des piles de 20 mètres de hauteur. Située dans un parc à daims, la zone de chantier est équipée de clôtures destinées à empêcher l’intrusion des animaux durant les périodes de travaux et de sas spéciaux permettant de faciliter leur passage en toute sécurité en dehors des heures de travail.
- Corcelles, l’antisismique
Situé en zone à risque sismique élevé, « l’ouvrage présente la même géométrie de piles que ses frères, mais celles-ci comportent une structure antisismique consistant en un ferraillage plus important dans le béton », explique Vincent Bouvet, directeur de projets Ouvrages d’art chez GTM. Le risque sismique a été pris en compte dans les calculs de dimensionnement en simulant une mise en vibration du sol. À partir de ce viaduc et jusqu’à l’extrémité Est de la ligne, tous les ouvrages sont conçus pour faire face au risque élevé de tremblement de terre.
L’ensemble des ouvrages seront terminés à la fin de l’année 2009.

