L’évaluation du Bilan Carbone® de la LGV Rhin-Rhône Branche Est, initiée par Réseau Ferré de France (RFF) et la SNCF avec le concours de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME), est une première en Europe.

Le 25 septembre 2009, l’ADEME, RFF et la SNCF ont présenté le premier Bilan Carbone® ferroviaire global. Quels en sont les enjeux et quel est son objectif principal ?
En premier lieu, la mise en place de ce premier Bilan Carbone® global a permis de positionner le transport ferroviaire et plus particulièrement la grande vitesse par rapport aux autres modes de transports. La loi Grenelle 1 affiche un objectif de réduction de 22% des gaz à effet de serre (GES) d’ici 2020 pour la France. L’objectif a donc été d’identifier parmi les principaux postes où se situaient les émissions majoritaires de GES et ceux pour lesquels des gains pouvaient être réalisés.

De quelle manière le périmètre de l’étude a-t-il été défini ?
Nous avons souhaité une approche la plus globale possible. C’est ainsi qu’ont été pris en compte les éléments relatifs aux études, à la construction de l’infrastructure et des équipements et enfin tout ce qui concerne l’exploitation (coût carbone des 30 rames supplémentaires qui circuleront sur cette nouvelle ligne, opérations d’exploitation et de maintenance de la ligne et des bâtiments, mais aussi la construction des deux gares nouvelles, Besançon – Franche-Comté TGV et Belfort-Montbeliard TGV). Une démarche spécifique a été menée concernant l’évolution sur les 30 ans d’exploitation de l’équivalent carbone de l’électricité consommée. En outre, nous avons estimé la part de transfert des usagers de la voiture et de l’avion vers le train et les émissions des véhicules.

Quels sont les premiers résultats de cette analyse ? Cette méthodologie est-elle applicable à d’autres secteurs ?
Dès 2024, soit seulement 12 ans après sa mise en service, la LGV Rhin-Rhône deviendra ‘‘carbone positif’’. La rentabilité carbone augmentera ensuite tous les ans. De ces premières analyses, il ressort que sur un premier cycle de 30 ans, c’est l’exploitation qui émet le plus de GES, dont 53% issus de l’énergie de traction et 42% des travaux initiaux de construction. Au niveau de l’exploitation, la part énergie représente 90% des émissions de GES contre 10% pour la maintenance des rails et de la ligne. Concernant l’application à d’autres secteurs, nous avons conscience de la complexité du sujet. Par exemple, le choix d’utiliser des matériaux de terrassement disponibles localement semblait judicieux, mais les conditions climatiques défavorables durant les travaux ont conduit à une plus grande consommation de liants, générateurs d’autant de GES.
La méthode Bilan Carbone® peut être aujourd’hui appliquée à de multiples projets (infrastructures de transport, construction de nouveaux quartiers…) en l’adaptant si nécessaire avec des données spécifiques au secteur concerné. Le travail réalisé en partenariat avec la SNCF et RFF devrait enrichir les réflexions pour déterminer une méthodologie commune aux différents moyens de transport pour le calcul de leurs émissions de CO2.

Quels sont les messages principaux à retenir de ce premier Bilan Carbone® ferroviaire global ?
Le défi face aux changements climatiques et à la disparition des ressources d’énergies fossiles nous impose aujourd’hui de concevoir autrement l’organisation de la société. Il ne s’agit pas de jouer la voiture ou l’avion contre le train, mais d’adapter nos modes de déplacement et notre mobilité à la contrainte du développement durable.