« L'esprit de concertation a primé. »
RFF / Vous êtes conseiller général du canton de Montmirey-le-Château, situé au nord du Jura, mitoyen de la Côte-d'Or et de la Haute-Saône. Pouvez-vous nous présenter votre canton ?
D. Troncin / C'est un canton rural d'un peu plus de 3 000 habitants avec 13 communes dont la plus importante est celle de Moissey avec un peu plus de 600 habitants. C'est
un canton proche de Dole, bien pourvu en services, et qui, à la suite de la rénovation du centre de plusieurs villages, a enregistré une forte augmentation de sa population avec
notamment l'installation de jeunes couples venus de Dole, Besançon, Dijon ou Auxonne.
RFF / Comment le canton a-t-il été impacté par le chantier de la Branche Est de la LGV Rhin-Rhône et quelles en sont les conséquences ?
D. Troncin / Le tracé de la LGV traverse le canton d'ouest en est, il le coupe en deux. Le chantier a changé la physionomie du pays qui supporte de lourds travaux et des contraintes. Cela a amené la population à vivre avec, à s'adapter, tout comme les collectivités locales, notamment dans le domaine des transports scolaires. Dans l'ensemble, je pense que la population a intégré l'importance stratégique de la
construction de cette ligne. Avant le début de ce chantier, j'ai participé à beaucoup de réunions de commissions d'actions foncières pour m'informer, comprendre, m'investir
sur des dossiers sensibles. Depuis le début des travaux, nous sommes présents pour trouver des solutions aux problèmes qui ne manquent pas de se poser, notamment en matière de dégâts routiers. L'esprit de concertation a primé dans les négociations avec RFF. Mes sollicitations sur tel ou tel problème ont toujours trouvé une écoute auprès des équipes de Réseau Ferré de France et plus particulièrement Laurent Mazzucchelli, le responsable du lot nous concernant.
Si, comme je le disais, la population vit avec ce chantier, les retards lors de remises en service de routes coupées sont un véritable problème pour les riverains. Là, les utilisateurs râlent et ça remonte vite vers les élus. Il serait préférable de prévoir un délai un peu plus large.
Actuellement, le chantier se termine, il y a des attentes, comme celle du monde agricole vis-à-vis des remises en état, ainsi que les réaménagements du réseau routier. Nous attendons aussi des effets directs. Le pays a profité de retombées au niveau des locations, gîtes et des quelques commerces. Nous souhaitons aussi bénéficier de mesures compensatoires qui nous permettront de financer des projets environnementaux. Ces fonds devront revenir en priorité aux territoires impactés. Je suis confiant, mais je serai vigilant.
RFF / La Branche Sud de la LGV Rhin-Rhône est à l'étude. L'expérience que vous venez de vivre vous servira-t-elle ?
D. Troncin / Concernant la Branche Est, j'étais partisan d'un tracé prenant mieux en compte le Pays dolois. Je souhaite donc que la Branche Sud desserve le territoire. L'expérience que nous vivons avec la Branche Est nous sera très utile. Elle nous obligera d'abord à penser des projets plus structurants pour éviter la dispersion. Ensuite, les collectivités locales doivent être mieux prises en compte, au profit des habitants,
car c'est l'ensemble d'un territoire qui est impacté. Par exemple, sur l'actuel chantier, j'aurais préféré voir s'installer la carrière de Thervay sur un site communal et non privé. Je
crois que la réflexion avec RFF doit aussi porter sur ce type de problématique.

