« Une chance pour l’avenir du jura »
RFF / Les travaux de la Branche Est ont démarré depuis deux ans. Quel est votre ressenti sur le déroulement du chantier ?
Jean Raquin / Même si la Branche Est ne fait qu’effleurer le département, son chantier intéresse forcément le Conseil général du Jura car le TGV Rhin-Rhône est un tout : il est une étoile ferroviaire dont les différentes branches ne peuvent se concevoir indépendamment les unes des autres.
En 2006, le Conseil général manquait de garanties sur le passage effectif de la Branche Sud dans le Jura. Il avait même été contraint de suspendre sa participation financière à la Branche Est.
Aujourd’hui, les incertitudes sont levées. À l’occasion de la prochaine session budgétaire, je proposerai aux 34 élus départementaux la participation du Conseil général au financement de la Branche Est à hauteur de 13,3 millions d’euros en étalant, bien sûr, les crédits de paiement sur plusieurs années. Il s’agit d’un geste très fort de notre collectivité.
RFF / Alors que les discussions reprennent sur la Branche Sud, quelle est votre position suite aux propositions faites par RFF ?
Jean Raquin / J’accueille favorablement le projet présenté par RFF le 16 juin dernier en préfecture du Jura. En effet, je soutiens l’option d’un fuseau longeant l’A39 car elle est celle qui engendre le moins de nouvelles nuisances et qui dégrade le moins les paysages jurassiens. Cela dit, j’entends l’inquiétude légitime des communes situées à proximité du fuseau. Pour le moment, c’est un périmètre assez large qui a été défini : il ne permet pas de dire quelles seront les parcelles précisément touchées. L’ensemble des acteurs doit à présent se livrer à un travail de fourmis pour, au sein du fuseau, définir un tracé le moins pénalisant possible. Dans cette perspective, RFF a
entamé une large concertation auprès des élus, des habitants et des agriculteurs dont je souhaite saluer la qualité et la transparence.
Le Conseil général se réjouit également de la construction de deux gares TGV dans le département du Jura. La future gare de Champvans, obtenue notamment grâce aux interventions de Jean-Marie Sermier, constituera un levier fondamental pour le développement de l’agglomération de Dole. Elle le sera d’autant plus qu’elle sera située au coeur d’un vaste noeud multimodal, associant la ligne à grande vitesse aux lignes ferroviaires traditionnelles mais aussi à deux autoroutes et à l’aéroport de Tavaux. La gare bressane doit être construite le plus près possible de Lons-le-Saunier. D’abord parce que, dans la mesure où la Ligne à Grande Vitesse passera par le département, il est normal que celui-ci bénéficie de ses retombées, y compris fiscales. Ensuite, et surtout, parce que, lorsqu’on prend un train, chaque minute compte. Le temps d’accès à la gare sera demain un critère dans le choix du lieu d’implantation des nouvelles entreprises régionales. C’est pourquoi, le choix de Courlaoux est le bon. Il s’agit d’une chance pour cette commune qui doit mettre de côté ses craintes pour saisir cette extraordinaire opportunité.
RFF / Quels sont, pour le Jura, les enjeux du projet Rhin-Rhône ?
Jean Raquin / Le TGV est une chance pour l’avenir du Jura. Il va permettre à notre département de profiter pleinement de sa situation géographique au coeur de l’Europe, au centre du triangle Paris / Lyon / Strasbourg. Les retombées directes et indirectes sont inestimables à long terme car le renforcement de l’accessibilité du département va fortement favoriser son développement économique, son attractivité touristique et l’emploi de ses habitants.

