Un avantage considérable en terme d’attractivité
RFF / Après deux années de travaux, comment appréciez-vous les actions menées en matière de concertation et d’information ?
Jacques Barthélémy / Dès la phase amont, l’État a souhaité associer les associations et les communes à la préparation de ce grand chantier. C’est ainsi que de nombreuses réunions se sont tenues en préfecture de Région pour informer et parfois rapprocher les points de vue des uns et des autres.
De son côté, RFF a su, par un dialogue sur le terrain, définir et mettre en œuvre des dispositions au plus grand bénéfice des élus locaux, agriculteurs, forestiers, chasseurs, défenseurs de l’environnement.
Enfin, je tiens à souligner que c’est bien par la concertation, l’information préalable des partenaires et la mobilisation des services de l’État que RFF a pu tenir et même dépasser les objectifs d’embauche grâce à l’intégration d’une clause sociale dans ses marchés, ce qui a permis d’embaucher au minimum 7 % d’allocataires de minima sociaux.
RFF / Quels sont les principaux apports de la LGV pour le développement de la région ?
J.B. /La grande vitesse a considérablement modifié l’espace français par la réduction des distances. Un des principaux apports de la LGV Rhin-Rhône est donc de réintégrer la Franche-Comté dans ce nouvel espace des régions françaises et européennes.
De ce fait, il s’agit d’un avantage considérable en terme d’attractivité – ce dont la région a besoin, selon une étude récente de l’INSEE. Cet avantage se mesurera concrètement par l’implantation d’entreprises et la création d’emplois.
Sur ce dernier thème, j’ai déjà évoqué, au-delà de l’impact immédiat des dépenses du chantier, ce qui a été réalisé pour réinsérer les demandeurs d’emplois. Pour les entreprises, cette attractivité se concrétisera dès lors que les collectivités et l’État accompagneront la réalisation de l’infrastructure par le développement de zones performantes et bien équipées dans son proche environnement.
Cette réflexion a été engagée dès le départ autour des gares de Besançon et de Belfort-Montbéliard mais également à travers les réflexions à la fois sur le contrat de projet État-Région et sur les pôles de compétitivité.
RFF / Quelle est votre perception des deux autres branches de cette LGV Rhin-Rhône ?
J.B. /Je tiens tout d’abord à rappeler l’originalité de concept « d’étoile » de la LGV Rhin-Rhône. C’est après avoir démontré la complémentarité et le caractère indissociable des trois branches que l’État et les régions se sont engagés dans ce projet global et ont décidé de lancer les travaux du premier tronçon fonctionnel de la Branche Est.
Il me semble qu’aujourd’hui le Grenelle de l’Environnement consacre le caractère visionnaire de ce concept puisque le projet de loi Grenelle intègre les trois branches. C’est pourquoi nous sommes attachés à réaliser les acquisitions foncières dans la traversée de Dijon où un projet d’intérêt général a été arrêté le 3 juillet 2007 et à conduire parallèlement jusqu’à la phase préalable à l’enquête publique les études de ces deux branches.
Une convention cadre vient d’être soumise à cet effet par l’État et la région Franche-Comté aux régions d’Alsace, de Bourgogne et de Rhône-Alpes. Enfin, l’État a engagé les collectivités à un dialogue sur les modalités de financement de la deuxième tranche de la Branche Est. Ainsi les conditions seront réunies pour que ce projet à trois branches puisse trouver toute sa place dans le cadre du débat sur le futur schéma national des infrastructures de transport.

