Il faut anticiper l'arrivée du TGV.
Réseau ferré de France / De quelle manière la construction de la LGV influe-t-elle sur l’économie régionale ?
Marie-Guite Dufay / Il suffit de se rendre sur le chantier de la Ligne à Grande Vitesse pour s’apercevoir de son influence sur l’économie régionale.
Tout d’abord, par les créations d’emplois qui ont profité aux Francs-Comtois, et par la présence de centaines d’ouvriers qui sont une source de revenus supplémentaires pour les commerçants locaux. Ensuite, avec les efforts des collectivités locales pour anticiper l’arrivée du TGV, ce qui se traduit par des investissements importants.
Le Conseil régional se mobilise fortement pour accompagner ces deux aspects. La mise en place des formations nécessaires pour pourvoir les postes offerts sur le chantier permet aux Francs-Comtois d’acquérir un savoir-faire, un emploi et une expérience professionnelle. De même, je me réjouis que la clause d’insertion ait permis à des personnes en difficulté de retrouver un emploi.
Enfin, le Conseil régional participe activement, avec les agglo-mérations et les départements, aux réflexions menées sur l’accueil des futures gares TGV d’Auxon et de Meroux-Moval, qui devront avoir un rôle moteur pour l’économie régionale.
Réseau ferré de France / Vous parlez d’investissement d’avenir lorsque vous évoquez la LGV, quels en sont selon vous les bénéfices pour les emplois de demain ?
Marie-Guite Dufay / Avant d’évoquer les bénéfices pour les emplois de demain, il nous faut construire les outils pour créer ces emplois. La Ligne à Grande Vitesse à elle seule ne suffira pas mais elle en est le déclencheur. La mobilisation des collectivités locales et de l’ensemble des partenaires économiques et sociaux pour préparer l’accueil du TGV, permet justement de mettre en place ces outils. Grâce à ces derniers, nous pouvons en tirer immédiatement les profits en termes de création d’entreprises et d’emplois, d’attractivité, et d’ouverture de la Franche-Comté.
La Franche-Comté sera placée au cœur des échanges européens, il nous appartient de savoir utiliser ce positionnement pour attirer de nouveaux investisseurs et faciliter le développement de nos entreprises.
Réseau ferré de France / Ne craignez vous pas qu’une fois le TGV en service, il ne participe davantage à l’exode des Francs-Comtois vers des pôles économique plus séduisants ?
Marie-Guite Dufay / La société CANON a annoncé dernièrement vouloir organiser le salon Medtec à Besançon ; il s’agit du plus grand salon européen des technologies médicales. J’y vois le signe que notre région bénéficie d’une image économique séduisante. Le pôle des Microtechniques à Besançon et le pôle Véhicule du Futur dans l’Aire Urbaine sont des pôles dynamiques. Mais effectivement il ne faut pas vivre sur nos acquis, il nous faut anticiper l’arrivée du TGV et en faire un atout majeur de notre développement. Pour cette raison, le Conseil régional a décidé d’organiser les « Rencontres de la Grande Vitesse » afin d’échanger avec les villes et les régions ayant déjà accueilli un TGV.
Je suis certaine que nous saurons saisir la chance historique qui nous est offerte par la construction du TGV Rhin-Rhône sur l’ensemble de ses branches.

