La construction de la LGV Rhin-Rhône génère indiscutablement un surcroît d’activités pour un certain nombre de petites entreprises locales situées dans les communes riveraines du chantier. À Emagny dans le Doubs, le garagiste Bertrand Jeanvoine a su s’adapter aux demandes des entreprises de travaux publics qui le sollicitent régulièrement pour réparer leurs véhicules utilitaires.

« Notre entreprise existe depuis 1936, soit depuis trois générations », précise Bertrand Jeanvoine, « et notre croissance était régulière mais tranquille ». Pour autant, l’arrivée du groupement d’entreprises dirigé par DTP sur le lot de travaux A4 ne pouvait pas laisser insensible le petit garage station-service situé à moins de 2 km de la ligne nouvelle. Que ce soit en matière de vente de carburants ou d’activité mécanique, les possibilités d’augmentation du chiffre d’affaires se sont vite concrétisées. Le propriétaire a donc mis le turbo et a engagé un second salarié.
Un an et demi après le début des travaux, cadres, chefs d’équipes et géomètres viennent de plus en plus nombreux pour les réparations et l’entretien des véhicules légers qui circulent quotidiennement sur les emprises du chantier. Dans le garage, les Clios, Berlingos et autres Jumpers connaissent essentiellement des problèmes de dégradation du dessous de caisse ou du châssis causés par les nombreuses ornières de la piste. « Il y a aussi parfois des problèmes de carters, de boîtes de vitesse ou de jantes qui n’ont pas supporté les cailloux trop tranchants», précise Bertrand Jeanvoine. « La boue qui détrempe régulièrement le terrain ne cause pas de dégâts particuliers si ce n’est l’encrassage du garage qu’il faut s’efforcer de maintenir propre ». Et pour ceux dont la voiture est immobilisée dans la concession, le garage n’hésite pas à prêter un véhicule de remplacement : « C’est bien normal de rendre service. J’ai toujours été favorable à la LGV car j’espérais que cela dynamise mon activité ».

Le garage n’est pas le seul commerce d’Emagny à tirer parti de cette nouvelle clientèle. Certains restaurateurs ont par exemple mis les petits plats dans les grands pour accueillir les ouvriers qui ont l’habitude de déjeuner en groupe. Une aubaine certes conjoncturelle, car tous savent bien que ce pic d’activité ne durera qu’un temps. « Nous pensons jusqu’en 2010, mais nous sommes déjà très heureux de pouvoir avoir une vision claire de notre activité sur trois ans. Nous avons su nous adapter avant, nous saurons bien nous adapter après », conclut sagement Bertrand Jeanvoine.

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