« Géographiquement, nous avons une carte à jouer »

RFF / Pourquoi avez-vous accepté de participer au financement de la LGV Rhin-Rhône ?

Laurent Schaffter / En fait, la Suisse a voté en 2005 un crédit de 1,1 milliard de francs suisses, afin de financer son raccordement aux différentes LGV françaises et allemandes. Cela ne s’est pas fait tout seul. En particulier pour la LGV Rhin-Rhône, il a fallu que les cantons de l’ouest de la Suisse, dont le canton du Jura, et de l’est de la Suisse s’allient pour convaincre le Parlement fédéral de l’intérêt de ces projets. C’est ainsi que nous avons réussi à faire voter une contribution de 100 millions de francs suisses en faveur de la LGV Rhin-Rhône.

RFF / Quels intérêts avez-vous fait valoir ?

L.S. / Évidemment, la réduction des temps de parcours d’une large part de la Suisse vers Paris. Nous avons aussi mis en évidence l’intérêt que représente la nouvelle gare de Meroux-Belfort. C’est pourquoi nous avons obtenu le financement par la Confédération, pour 40 millions de francs suisses, en faveur de la ligne Bienne-Belfort, dont la moitié sera utilisée pour le tronçon entre Delle et Belfort, aujourd’hui désaffecté. Cette ligne donnera accès direct à la nouvelle gare. Les 300 000 habitants du nord de l’Arc jurassien bénéficieront ainsi de ces nouvelles liaisons. Les populations des régions de Lausanne et de Neuchâtel seront elles aussi gagnantes lorsque la Branche Ouest (traversée de l’agglo¬mération dijonnaise) sera construite.

RFF / Qu’attendez-vous au plan économique ?

L.S. / L’accessibilité de notre région, qu’il s’agisse de réseaux autoroutiers ou ferroviaires, est une question fondamentale. Cette nouvelle ligne favorisera incontestablement l’implantation d’entreprises chez nous. Nous avons l’habitude de dire que notre canton est « périphérique », parce qu’il est excentré par rapport au poumon économique de la Suisse. Mais géographiquement, nous avons une carte à jouer, spécialement au niveau européen.

Médias

Survol depuis la gare Viotte

05:00

Accès aux vidéos