« Insertion paysagère et services aux usagers avant tout »
La maîtrise d’ouvrage des gares nouvelles de la LGV Rhin-Rhône Branche Est est répartie entre Réseau Ferré de France et la SNCF. Les quais, leurs accès et les voies seront réalisés par RFF ; la SNCF assure, quant à elle, la conception et la construction du bâtiment.
RFF / Quel est l’état d’avancement des gares nouvelles de Besançon et de Belfort-Montbéliard ?
Pierre Messulam / Elles sont toutes les deux en études d’avantprojet. Les permis de construire seront déposés cet été pour un démarrage des travaux fin 2008. Ce ne sera pas des chantiers aussi spectaculaires que la construction de la LGV proprement dite, mais il s’agit tout de même de bâtiments de 3 000 m2 dans les deux cas. Je rappelle que, dès l’année d’ouverture de la LGV, chacune de ces gares accueillera environ 1,1 million de passagers par an, et verra s’arrêter une trentaine de trains par jour.
RFF / Quelle a été la politique de la SNCF lors de leur conception ?
P.M. / Nous avons veillé à trois points fondamentaux : l’intermodalité, la haute qualité environnementale et les services aux usagers. Ainsi, ces deux gares seront reliées aux dessertes ferroviaires locales et facilement accessibles par les réseaux routiers, cyclables et piétons, tant pour les voyageurs que pour les accompagnateurs. Elles seront en outre peu consommatrices d’énergie, et leur insertion dans le paysage sera particulièrement soignée. Cet aspect constituait une gageure pour nos architectes, mais ils ont su trouver des solutions imaginatives et relativement peu coûteuses. Enfin, nous serons aussi attentifs à la forme extérieure qu’au traitement intérieur.
RFF / C’est-à-dire ?
P.M. / Nous voulons, comme je l’ai dit, assurer un cheminement fluide et un accès facile, ce qui nécessite des aménagements extérieurs sur lesquels nous avons travaillé en étroite collaboration avec RFF et l’ensemble des collectivités territoriales concernées. Mais nous voulons aussi un repérage clair en termes de parking, d’espaces vélos ou motos, de correspondances, pour que le temps d’approche et d’embarquement soit le moins stressant possible et qu’il puisse être utilisé pour se restaurer, se connecter aux bornes Wi-Fi, et plus généralement profiter de toutes les prestations proposées. Le temps passé en gare ne doit plus être un temps mort, mais un moment libre propre aux envies de chacun. Notre architecte, Jean-Marie Dutilleul, a coutume de dire que « la gare est l’endroit de la ville où l’on s’embrasse le plus ». Il a raison : c’est un lieu à forte charge affective et émotionnelle. Nous avons travaillé dans cet esprit.

