« Une opération d’aménagement inédite »
RFF / Quel est le rôle exact de la direction des projets de développement ?
Jean-Marc Charoud / Ma direction est responsable du pilotage des investissements de développement d’amélioration ou d’extension du réseau. Elle est directement en charge des grands projets menés en maîtrise d’ouvrage directe – la LGV Rhin-Rhône ou la LVG Est européenne par exemple – et ceux qui seront réalisés en partenariat public-privé, comme le GSM-R, le système européen de télécommunication ferroviaire, la LGV Sud-Europe Atlantique ou le contournement de Nîmes-Montpellier. Elle assure aussi le pilotage des investissements de développement de RFF, réalisés par les directions régionales, certains projets pouvant être également de taille significative. Par exemple, la réouverture de la ligne du Haut-Bugey, la mise en sécurité du tunnel de Fréjus ou les installations terminales de Perpignan.
RFF / Justement, à propos de la LGV Rhin-Rhône, quels en sont à vos yeux les avantages majeurs ?
J-M.C. / Tout d’abord, c’est la première liaison à grande vitesse qui ne soit pas radiale, c’est-à-dire entre les pôles régionaux et la région parisienne. Elle représente une opération d’aménagement des territoires qui concerne aussi bien le corridor rhodanien et l’arc méditerranéen que la vallée du Rhin, ou encore l’Allemagne. Elle va ainsi apporter un service nouveau et tout à fait inédit, de dimension intrarégionale. C’est enfin un projet qui bénéficie d’un soutien politique fort des collectivités locales, puisque seize d’entre elles participent à son financement.
RFF / Pensez-vous que l’activité économique engendrée par les travaux de la ligne se poursuivra à long terme ?
J-M.C. / Les effets sur l’emploi pendant la phase de construction sont les premiers éléments visibles. Les dessertes locales notamment, avec deux gares nouvelles, vont permettre d’irriguer les territoires au plus près, d’ancrer les emplois créés et d’en développer d’autres. Le défi collectif porté par les collectivités, RFF et la SNCF, concrétisé au sein de la convention de desserte, est un atout supplémentaire pour contribuer au développement de l’activité économique locale, en positionnant la Bourgogne et la Franche-Comté au centre d’un réseau qui reliera, au Nord, l’Alsace et l’Allemagne, et au Sud, l’agglomération lyonnaise et les métropoles méditerranéennes.

