À 32 ans, elle est, pour la Branche Est de la LGV Rhin-Rhône, l’interface entre les acteurs économiques locaux et l’équipe de maîtrise d’ouvrage associée aux entreprises de travaux, afin d’optimiser les retombées directes et indirectes du chantier sur le territoire.

Titulaire d’un doctorat en aménagement du territoire et en socio-économie, Nadège Petitjean a fait ses armes dans le cadre de l’observatoire socio-économique de l’A39, dont elle était - déjà - chargée d’analyser les retombées économiques, avant de rejoindre un bureau d’études en ingénierie des transports durant trois ans. Son parcours était donc intéressant pour la Direction régionale de RFF, qui l’a embauchée en juin 2005 en tant que chargée de projet pour les branches Ouest et Sud de la LGV Rhin-Rhône. Mais ses fonctions ne s’arrêtent pas là : elle est en charge de mettre en place un dispositif d’évaluation des retombées économiques régionales liées à la mise en service de labBranche Est (fin 2011). Elle supervise également les effets directs et indirects liés à la construction de la LGV comme la sollicitation de la main-d'œuvre locale, le niveau de participation des entreprises régionales de travaux publics ou activités connexes, les retombées liées à la consommation des personnels déplacés en termes d’hébergement, de restauration… C’est dans ce cadre que Nadège Petitjean travaille avec Action 70 (l’agence de développement de Haute-Saône), la Chambre de commerce et d’industrie du Doubs et le Conseil général du Territoire de Belfort, qui ont mis respectivement en place dans chacun de leur département un dispositif en faveur de l’accueil des entreprises et de leurs personnels participant au chantier de la Branche Est. « Les grands groupes – dits « majors » - du secteur des travaux publics retenus pour construire la ligne déplacent une partie de leur main-d'œuvre sur le chantier », explique-t-elle. « Parallèlement, ils font appel à des sous-traitants et à des partenaires économiques locaux comme des fournisseurs en matériaux, des locatiers, des prestataires de service (société de gardiennage, d’entretien, de reprographie, de location d’algeco…) ». L’objectif des dispositifs “accueil chantier” est donc de répondre aux besoins en termes d’accueil de leur personnel de chantier et de sous-traitance sur la région. Pour être le plus efficace possible, les acteurs locaux ont développé une base de données qui, d’une part, répertorie toutes les capacités d’hébergement, de restauration et de consommations intermédiaires, et d’autre part inventorie les PMI / PME locales susceptibles d’intervenir sur le chantier. Ce document est remis à chaque entreprise qui se voit attribuer un lot de travaux. » Nadège Petitjean peut s’appuyer sur une solide connaissance de terrain qui lui donne toute légitimité pour intervenir auprès des partenaires régionaux en les familiarisant aux effets potentiels d’un tel chantier, aux mesures d’accompagnement envisageables et en leur faisant bénéficier des retours d’expérience de grands chantiers (LGV Est Européenne, TGV Méditerranée, tunnel sous la Manche et chantiers autoroutiers). « Mon expérience sur l’A39 était similaire », confie-t-elle. « J’y fais d’autant plus référence qu’il s’agissait, là aussi, d’un chantier franc-comtois, avec les mêmes acteurs…. J’ai toutefois conscience de la chance que m’a offerte RFF d’avoir une double casquette sur un projet de cette envergure en travaillant à la fois dans le cadre des études en amont des branches Ouest et Sud et de la phase opérationnelle de la branche Est. »