Pas encore trentenaire, cette jeune ingénieur participe à la maîtrise d’œuvre complète des tronçons A et C de la LGV. Rencontre avec une femme de terrain.
Elle a l’enthousiasme communicatif de ceux qui ont trouvé leur voie professionnelle. C’est pourtant une série de hasards qui a conduit Christelle Humbertclaude, 27 ans, sur le chantier de la LGV Rhin-Rhône. Le premier remonte à la fin des années 90 lorsqu’elle intègre l’ESTP (École spéciale des travaux publics) de Paris et choisit, « sans trop savoir pourquoi », la filière la moins convoitée : celle des ingénieurs géomètres. Juste avant son diplôme, obtenu en 2002, elle effectue un stage de fin d’études à la SETEC (Société d’études techniques et économiques) qui, séduite par ses talents, finit par l’embaucher. La jeune femme commence alors à s’éloigner du métier de géomètre-topographe. C’est en effet en tant qu’ingénieur TP qu’elle travaille sur des projets d’aménagements urbains, essentiellement dans la région parisienne. Mais Christelle Humbertclaude n’aime ni la capitale, ni la vie de bureau. Elle demande sa mutation et c’est là qu’intervient le deuxième hasard : la SETEC l’envoie à Besançon pour monter une antenne locale dédiée à la LGV. Nous sommes en septembre 2003 et RFF a en effet confié à la société SETEC la maîtrise d’œuvre complète du projet sur les tronçons A et C. « C’était un domaine totalement nouveau pour moi, confie-t-elle, je ne connaissais pas ce monde. Mais j’y ai vite pris goût… » Dès son arrivée, elle et ses collaborateurs - un ingénieur responsable de l’antenne, un dessinateur-projeteur et une secrétaire - participent avec les équipes techniques de Paris et de Vitrolles aux études d’APD (Avant-projet détaillé) pour le compte de RFF. « Pendant huit mois, se souvient-elle, nous avons rencontré toutes les communes concernées par le projet. Elles nous ont fait part de leurs préoccupations en termes de nuisances sonores, d’écoulements hydrauliques ou encore d’environnement. Cette concertation était bien sûr nécessaire. Elle a surtout été très enrichissante. » En septembre 2004 débute la phase Projet. « Chaque tronçon a été divisé en plusieurs lots correspondants aux marchés qui seront attribués aux entreprises », explique la jeune ingénieur. Les études, là encore menées dans une totale transparence, sont actuellement en cours d’achèvement mais celles concernant les lots prioritaires sont maintenant terminées. « De février jusqu’au mois de mai dernier, se souvient-elle, nous avons suivi la réalisation d’une tranchée d’essai à la tête ouest du tunnel de Chavanne, destinée à vérifier le comportement réel des talus avant la construction du tunnel. Et nous sommes actuellement en train de creuser un puits de reconnaissance de 20 m de profondeur et une galerie de 20 m de longueur, à proximité immédiate du tunnel pour procéder à des essais géotechniques. C’est ce recueil de données qui me passionne. J’ai peut-être encore quelques lacunes techniques, mais rien ne vaut le terrain ! » Aujourd’hui, la troisième étape des études a débuté : la rédaction des DCE (Dossiers de consultation des entreprises) qui seront soumis aux entreprises lors de l’appel d’offres. Puis, viendra l’ouverture du chantier, pour lequel Christelle Humbertclaude fera partie de l’équipe de maîtrise d’œuvre travaux, qui assure notamment le contrôle technique et financier du chantier. Du terrain, encore.

