Il est le concepteur du viaduc de la Savoureuse, un ouvrage qui a constitué un véritable challenge. Rencontre avec un architecte français installé à Londres.

Anglophone, Sébastien Ricard l’est depuis qu’il a effectué une partie de ses études au Canada. Revenu en France, le jeune architecte intègre une agence francobritannique - déjà - qui s’est fait un nom en construisant, entre autres, le viaduc d’Avignon et le terminal TGV de l’aéroport Charles-de-Gaulle à Paris.
« Au milieu des années 90, se souvient-il, le BTP traversait une crise en France. En revanche, il connaissait une croissance fulgurante en Grande-Bretagne. J’ai saisi l’opportunité… » Depuis 8 ans maintenant, Sébastien Ricard travaille donc à Londres, chez Wilkinson Eyre, une agence internationale connue pour ses réalisations culturelles et la conception de ponts. « Cette activité représente environ 10 à 15 % de notre chiffre », reprend l’architecte. « Le monde des ponts et des viaducs est assez restreint. Une quinzaine d’agences dans le monde sont réputées dans ce domaine, et bien sûr, souvent sélectionnées. C’est un métier particulier : il faut avoir l’esprit cartésien, et un goût certain pour l’engineering. » Des dons qui n’ont pas manqué au jeune architecte et à l’équipe interne spécialisée en ouvrage d’art, notamment Jim Eyre, un des deux directeurs fondateurs de l’agence, pour concevoir le viaduc de la Savoureuse, un ouvrage de 840 m de long surplombant la vallée éponyme. « C’était un projet passionnant », confie Sébastien Ricard.
« Le véritable challenge a été d’intégrer de très lourdes contraintes techniques dans la réalisation d’un ouvrage que nous voulions le plus fin et le plus élégant possible. La structure et les écrans acoustiques ne forment qu’un seul élément, et la géométrie des piles est en “V”. Ainsi, ce viaduc, qui n’est jamais visible de face, offre au regard une ligne très élancée qui lui permet de s’insérer parfaitement dans l’environnement. »