Thierry Decosterd, maire de Burgille (Doubs), membre du Collectif des élus de la basse vallée de l’Ognon et du Comité de suivi départemental des engagements de l’État.

RFF / Comment avez-vous abordé le projet LGV au moment de votre arrivée à la mairie de Burgille en 2001 ?

Thierry Decosterd / La Branche Est de Ligne à Grande Vitesse Rhin-Rhône a été déclarée d’utilité publique par le gouvernement en janvier 2002, soit quelques mois seulement après le début de mon mandat. À l’époque, l’opposition au projet était assez farouche dans les communes rurales situées le long du tracé et dans le collectif d’élus que j’avais rejoint. Pour ma part, j’ai préféré adopter une approche plus pragmatique en prenant le parti, avec plusieurs collègues, de m’engager dans un processus de négociation constructive avec RFF. De là est venue l’idée d’une charte de concertation qui nous a ouvert les portes de la préfecture et qui a permis une meilleure prise en compte de nos demandes par RFF.

RFF / Le chantier a maintenant démarré, il y a plus d’un an, à proximité de Burgille. Comment le vivent vos administrés ?

T.D. / Le chantier de la LGV est situé à moins de 200 mètres des premières habitations du village. Pour les administrés de ma commune, les bips de recul des engins constituent une nuisance sonore certaine. Par ailleurs, au printemps, plusieurs habitants se sont plaints de la poussière qui salissait les véhicules et meubles de jardin, mais ce problème a été résolu par un arrosage plus fréquent des pistes. D’une manière générale, il faut reconnaître que le chargé de projet de RFF responsable du tronçon A sur lequel est situé Burgille est à l’écoute de nos problèmes et fait de vrais efforts pour trouver es solutions acceptables pour tous.
J’espère encore le convaincre de réaliser prochainement des compléments d’études acoustiques sur le bruit des trains attendus en phase d’exploitation ar il y a là encore de vraies craintes.

RFF / Le village de Burgille va-t-il pouvoir tirer des compensations de ce chantier de LGV ?

T.D. / La première compensation évidente est l’éloignement de la route départementale 459 dont nous avons obtenu la déviation parallèlement à la construction de la LGV. Ensuite, dans le cadre des mesures compensatoires réglementaires, nous allons profiter de la construction de merlons paysagers pour aménager un espace consacré à la biodiversité ainsi qu’un nouvel itinéraire pédestre.
Par ailleurs, nous avons également fait réaliser une étude sur la réhabilitation d’un ruisseau que je compte présenter à RFF, afin d’obtenir un financement au titre des mesures supplémentaires en faveur de l’environnement. Enfin, nous projetons la construction d’un centre permettant le maintien des personnes âgées en milieu rural. Ce centre devrait être réalisé sur un terrain de la SAFER pour lequel la commune a bénéficié d’une priorité de rétrocession dans le cadre de la restructuration foncière globale générée par la construction de la LGV.